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Le consulat d’Haïti à Montréal au carrefour du népotisme et de l’incompétence.

Le fonctionnement des consulats d’Haïti revient tantôt sur le tapis des débats publics…Dire aujourd’hui que ces institutions ont failli à leur mission de représentation et à celle d’établir la liaison entre l’état du pays accréditant et celui du pays accréditaire ne serait qu’une lapalissade. Le consulat d’Haïti à Montréal ne se laisse pas échapper à une telle situation ; d’ailleurs, il est aujourd’hui un exemple assez éloquent de la dégradation des missions diplomatiques et consulaires haïtienne.

En effet, un consulat, tel que défini dans la convention de Viennes sur les relations consulaires de 1963, ne serait-ce qu’en vertu du principe de l’extraterritorialité, a des attributions propres dont la plus importante : la prise en charge des ressortissants du pays accréditant, en terme notamment de services juridiques, du moins civils comme si ces derniers étaient chez eux. C’est à cet effet qu’on pose toujours des questions sur la mission véritable du consulat d’Haïti à Montréal.

En effet, depuis un certain temps le consulat d’Haïti à Montréal ne porte que le nom. L’absentéisme devient la norme de l’administration. Si l’institution a 40 employés environs, il y’a à peine 10 qui viennent travailler, alors que d’autres n’y passent que pour signer leur présence et après vider les lieux sans n’avoir de compte à rendre à personne. Ou du moins, ils ne passent au bureau que pour venir réclamer leur salaire. Entre temps, les ressortissants haïtiens en paient les frais. Ainsi, Pour renouveler un passeport par exemple, ou pour avoir n’importe quelle pièce d’état civil, on ne sait vraiment pas à quel service s’adresser, qui fait quoi, ni combien de temps doit-on mettre tant que les services sont inexistants. On reconnait néanmoins, les efforts gigantesques déployés par Justin VIARD pour redorer le blason du consulat, mais la politique qui prend le dessus sur tout, lui a valu la révocation (thème impropre quand même pour parler d’un diplomate) lui empêchant ainsi de concrétiser les nobles visions enchéries pour la communauté haïtienne vivant à Montréal. C’est ça le drame de nos consulats qui deviennent des espaces politisés.

La politisation du consulat d’Haïti, comme c’est le cas de la quasi-totalité des consulats, conduit au carrefour de la médiocrité et du népotisme. Aujourd’hui, cette institution, selon une source digne de foi, ne dispose pas de 5 employés ayant un diplôme universitaire, voire la qualification technique pour faire leur travail. La semaine dernière c’était la stupéfaction totale, après l’analyse des profils des employés du consulat. La majorité est révélée n’avoir ni grade ni qualité pour être des agents consulaires. Ce qui porte du coup à douter de la capacité de l’actuelle consule générale ai à pouvoir occuper cette fonction. Selon notre source, cette dame, connue sous le nom de Laurie LAMOTHE, n’aurait à peine son secondaire 5. Alors qu’elle aurait été choisie pour remplacer Justin VIARD, qui lui, est un ancien étudiant à la Sorbonne et professeur en Droit des affaires à l’université. Tout de même, il s’avère frustrant et honteux ( pour tout le pays) de voir la mission consulaire haïtienne à Montréal, la plus grande ville universitaire du monde, confiée à des amateurs en diplomatie, des incompétents, incapables de faire une bonne représentation de la communauté haïtienne (d’ailleurs la plus grosse communauté d’immigrants après celle des italiens), une représentation digne du grand peuple que nous sommes.

Aussi, ces personnes ne sont-elles pas tombées du ciel. Evidemment, elles sont recrutées par des hommes au pouvoir. En raison de cette dynamique de politisation de la fonction publique, la plupart se voient installées dans leur poste comme récompense politique. A preuve, aujourd’hui c’est un Fortuné DORLEANS, l’actuel directeur du ministère des affaires étrangères qui dicte sa loi au niveau de la diplomatie haïtienne. Pendant son règne, il a placé sa femme au consulat de Boston, et sous la dictée d’hommes politiques, il remplit les consulats d’employés sans même tenir compte de leur profil académique. Il aussi le pouvoir de révocation. Il s’accorde d’ailleurs la prérogative de congédier des employés pour les remplacer par ses proches ( moun pa). Ses séries d’agissements népotistes à la direction du ministère des affaires étrangères n’auront conduit qu’à la « cocoratisation » des actuelles missions diplomatiques et consulaires haïtiennes.

En fait, la diplomatie a été toujours une affaire de prestige, des gens de grande culture. L’histoire haïtienne aura retenu beaucoup de noms d’intellectuels de grande facture qui ont représenté avec brio le pays à l’extérieur. Aujourd’hui, on assiste au contraire en Haïti à la dégradation voire (on le réitère) à la « cocoratisation » de la fonction diplomatique et consulaire. La diplomatie haïtienne devient donc cet espace de débouchées sinon un prétexte de récompense politique. A Montréal, le constat en est le plus illustratif, et cela devrait, d’un avis unanimement partagé, agiter pour de vrai le débat sur la normalisation du mode d’intégration à l’administration publique haïtienne.

John Wesley DELVA

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