Wednesday , September 20 2017
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Décès de René Preval: Me. Sonet Saint-Louis exprime haut et fort ses frustrations

“René Préval fut un politicien madré, un arroseur, un cynique qui pensait pouvoir ridiculiser tout le monde, même son pays” Maître Sonet Saint-Louis, La Gonave, Haiti

La gauche et la droite jouissives corrompues, réactionnaires et la communauté internationale pleurent le départ de Rene Préval, le Mapou du système traditionnel ancien.

Des pages de Me Sonet Saint Louis. à l’honorable Jerry Tardieu, autour de la disparition du Président René Préval.
Des pages a méditer, a critiquer, a corriger et même a réécrite.

Le beau monde pleure la disparition d’un mapou-géant. Mais, nous, de l’autre monde, nous ne sommes pas du tout en liesse, mais pas pour les mêmes raisons finalement. Le Président Préval est parti et a laissé à ma génération et a la postérité un pays en ruine, triste et solitaire.

On ne s’attend pas a cette mort subite dans notre politique. Mais, il faut admettre ce principe immuable de la nature :des qu’on est né , on n’est pas trop petit, ni trop vieux pour mourir. Cette disparition surprend et nous contraint a la réflexion dans ce univers miné contrôle, et marqué surtout par une grande sécheresse de la réflexion critique et de l’interrogation. Dans cette société, on veut tout camoufler, tout masquer, même l’évidence.

L’évidence d’un chaos, d’un échec soigneusement entretenu et organisé durant un règne. Ai-je le droit enfin, en tant que haïtien, éduqué sur la base de la citoyenneté, de la solidarité et du patriotisme de faire le bilan de Préval, mon président et ultimement lui demander des comptes, et à tous ceux qui avait eu comme lui la responsabilité suprême de gérer le bien public dans un contexte de rareté des ressources nationales disponibles ou faire cause commune à la bêtise triomphante ? Si l’exercice de ce droit est encore possible, voilà en quoi et sur quoi je veux livrer mes impressions pour certains et des réflexions pour d’autres. Dans mon trou coucou, à la Gonave, loin de la modernité occidentale, mais bien sur loin de l’hypocrisie de la société urbaine de Port au Prince, je suis ému et ébloui de voir les concerts de louange Venus de partout qui inondent la presse haïtienne suite au décès du président Préval. Je remarque qu’il y a un grand travail de communication qui se fait autour de sa mémoire. Quelle idée ont ils de la politique et de la République ?.

Ses amis le présentent comme un modèle à vendre, et à cultiver, mais en même temps oublient que ce dernier avait eu la responsabilité de conduire la destinée de toute une nation, de travailler au bien être de chaque citoyen haïtien, non de gérer les intérêts mesquins et égoïstes d’un petit cercle d’amis restreints pour lesquels, il s’est réellement tout donné et il a tout donné. Ces faiseurs de roi ne se trompent pas réellement dans leur culte à ti René, du moins, c’est cette image, ou cette représentation minuscule et singulière qu’ ils ont de la politique et de la gestion du bien commun. Cette représentation est celle des classes dominantes. Ce discours fait partie de la stratégie des classes dirigeantes pour reproduire le modèle dominant actuel.

Le discours dominant relaye dans la presse du pouvoir d’État est celui d’un Préval suave, gentleman, aimant la vie, et le beau, disons mieux un élément de bon commerce pour la classe. Ces critères de sélection et de perfection sociale font de lui, en vérité, un gar authentique, digne fils adore d’une certaine aristocratie de caste, de race et de classe dans ce pays. Ce discours relègue en arrière plan les actions de cet homme et renvoie aux oubliettes tout questionnement, tout débat politique sérieux et pédagogique sur la manière dont ce homme public a géré le bien commun pendant ses dix années de pouvoir.

En effet, ce discours s’est fait chair et se répand partout, avec force et insistance,a cause du complotisme des médias corrompus au service des classes dirigeantes régnantes.

La gauche et la droite présentent Rene Préval comme un exemple de réussite politique, pour avoir réussi deux mandats présidentiels sans heurts, dans un pays complexe et compliqué. Dans ce pays, on ne se soucie pas du résultat, il suffit d’être madre. Il faut être madre, car être politicien en Haiti, c’est d’abord être capable de porter des coups bas à ses adversaires et rivaux en politique. Ici, on a beaucoup de madres, mais peu de politiciens capables de résoudre les problèmes fondamentaux du pays. Sur ce point, Préval fut un politicien madre, un arroseur, un cynique qui pensait pouvoir ridiculiser tout le monde, même son pays. Son coup fourre contre Jacques Edouard Alexis, cet universitaire bien forme qu’il a traine dans la boue par jalousie et aigreur suffit pour s’en convaincre.

Dans notre conception, un chef d’État est un citoyen qui marque positivement l’État,qui le fabrique, lui donne une vision et une direction. un chef d’État qui désacralise l’État, le fragilise ou le dépouille de ses institutions est un arnarchiste, ennemi de l’État , et des citoyens desquels l’État a reçu sa légitimité et sa consécration.

Dans cette réflexion, je risque de me tromper en réalité au niveau communicationnel, politique et conceptuel sur les notions de gauche et de droite en Haiti. Il y a une réelle confusion ici. Quand on parle de la gauche et de la droite, on est dans une dynamique de modernité politique. Or, chez nous, il y a peu de modernes, il n’y a que des madres de la politique haïtienne.

Dans la société haïtienne, il n’y a pas vraiment positionnement idéologique. On ne sait pas non plus quel type de valeurs que défend chaque courant. Les notions de droite et gauche renvoient en politique a une réelle antinomie, une opposition entre deux visions de l’État et de la société.

En Haiti, nous sommes plutôt en face d’une mafia de la gauche et la droite, coiffée par une grande mafia politique au niveau national et global.”Droite et gauche”,suivant l’expression de mon savant Maitre, Docteur Hosner Fevry adhèrent a la même doctrine de pillage systématique des caisses publiques. Elles conduisent la même politique au sein d’un même système contrôlé par le même petit cercle d’amis et de copins “droite et gauche”.

La différence entre la droite dans sa version Jean claudiste et la gauche lavalasienne réside dans une tromperie organisée entre les deux courants pervers La différence entre le secteur “,dit démocratique” et le secteur anti démocratique est qu’ils sont tous deux secteurs anti démocratiques.

Dans cette énumération, il y a quand même démarcation, il faut en faire sérieusement. Nous ne devons pas être trop catégoriques, ni trop absolus, car, à gauche, comme à droite, il existe des échantillons d’hommes et de femmes patriotes et progressistes dans ce pays pour lesquels je continue à avoir une grande admiration.

Le passage de Rene Préval au pouvoir comme celui de beaucoup d’autres ne débouche sur rien de fondamental, sauf certains détails farfelus mis en circulation pour les besoins du moment qui ne peuvent en réalité amuser que certains amuseurs et jouisseurs impénitents habitués a sa table bien garnie.

La politique de Préval a été tout simplement un désastre.

Les institutions étaient bancales et n’étaient plus renouvelées à temps. Les élections qui constituent la voie démocratique par excellence pour renouveler le personnel politique n’étaient pas organisées. Aucune action, aucune mesure visant à renforcer la démocratie, les institutions et l’État de droit n’a été posée. Les actions posées par Préval dans le sens de la stabilité politique du pays et la paix des rues n’étaient qu’une stratégie visant à assurer sa propre suprématie dans l’espace politique haïtien.

Le président Préval a totalement banalise l’espace politique haïtien. Sous sa présidence la corruption continue de régner à tous les niveaux de l’État. Le vocable ” grand mangeur ( macrophages en français) a pris naissance sous l’administration de Rene Préval.

Sa proximité avec le secteur des affaires a permis à son entourage de piller l’État. La création de la CNE et le grand mariage routier promis par ce dernier a été le grand mariage entre petits copins et copines, une grande unité retrouvée pour mettre les finances publiques à sac. Dans l’opinion, on vante les tronçons de route construits par Préval, 10 ans après, regarde l’état de délabrement de nos routes, et vous aurez une idée sur la facon dont notre argent a ete dépensé. Dans le domaine économique, son administration avait mis en oeuvre une politique qui a permis aux secteurs mafieux du pays de kidnapper l’économie nationale et la politique, notre bien commun.

La politique de “privatisation-vente” des entreprises publiques décidée par l’administration Préval a été la plus grande violence économique faite à la société haïtienne. Une politique qui a condamné les laisser pour compte, les classes laborieuses, les masses rurales et urbaines au désespoir et à la mort irréversible.

Les accords de libre échange signes par Rene Préval avec les institutions financières internationales, notamment avec les américains concernant l’importation du riz en Haïti et sa politique agraire constituent deux éléments fondamentaux de l’effondrement de notre système agricole national. Par ces accords le libre échange, le marché assigne désormais à Haïti un rôle dans la division internationale du travail et de l’economie globale du marché. Deslors, Haïti se trouve adheree au credo néolibéral et est saisie par les principes du marché global.

On attend Haïti dans deux domaines: la constitution et la creation des zones franches d’exportation, industrielles et commerciales dans nos zones arabes et fertiles dans un contexte de main d’œuvre a bon marché et le tourisme, surtout le tourisme sexuel. je ne doute pas que tu sois bien place dans ce nouvel ordre international en application ? Entre temps, honorable comment va Royal Oasis ?.

J’espere que ton entreprise et d’autres sauront comment frayer un chemin dans cet ordre international pour le bonheur de nos milliers de chomeurs haitiens.

Il va sans que cette assignation du role d’Haïti dans cet ordre international n’est pas une fatalité. On peut s’en détourner et s’assumer comme nation. Cette oeuvre de rédemption prochaine sera celle des patriotes, non de Préval et son club de copins. C’est là où nous en sommes. Voilà, ce que les politiques ont décidé.

Honorable, les propos que tu as recueillis de René Préval ne sont que des salades vertes. Elles sont destinées aux tables de “vérité, intite lespwa” et le club de bourdon et ne seront servies qu’à l’occasion de ses obsèques copieusement et soigneusement programmés .

Alors bon appétit messieurs et dames, mais évitez l’indigestion.

Il n’est pas surprenant que dans les dernières minutes de sa vie, Préval comme d’habitude, essaie de tromper tout le monde, et malheureusement cher Tardieu, dans ce jeu de dupe, tu n’as été qu’un simple couloir de transmission d’une parole de la mort, d’une nouvelle stratégie de la mort contrariée par la mort subite. Une mort repete t-on enfin qui sauve et “soulage”.

Je te rappelle que Preval avait dirige mon pays en deux occasions avec la présence des forces occupantes sur le territoire national. A aucun moment de sa présidence, les questions concernant la souveraineté nationale du pays n’ont été posées.

Au contraire,
Préval au cours de son premier mandat presidentiel a pratiquement liquide nos chars blindes, nos avions, les fusils rouilles de l’armée indigène, et de tout ce qui reste des materiels de l’armée défunte, abolie par un arrete presidentiel. On ne détruit pas une armee, parce qu’elle a réalisé des coup d’État contre le pouvoir civil, parce qu”elle est coupable des violations des droits humains.

Le principe de la suprématie du pouvoir civil sur l’institution militaire était une donnée nouvelle en Amérique latine dans les années 80. Cette transition du pouvoir militaire au pouvoir civil demandait toute une pedagogie pour inculquer a nos forces armées haitiennes ces nouvelles valeurs démocratiques. Les forces armées en Amérique latine, omniprésentes sur notre sol sacre sont passées pour champion dans la pratique des coups d’État.

Pourtant, les nouvelles démocraties en Amérique latine ne les ont pas détruites, mais que des réformes intelligentes et audacieuses les ont transformées et les ont mises au service de la démocratie naissante. Cette decision de bannir une institution nationale, fondatrice de l’État a été maladroite et politiquement mal inspirée.

En effet, honorable, cet ‘État dont le pouvoir législatif auquel tu appartiens est co-dépositaire de la souveraineté nationale, n’existe pas, a partir du moment ou Rene Préval a signe avec la secretaire d’Etat américain, madame Albright un accord permettant ainsi aux policiers des États unis de procéder a l’arrestation d’un citoyen sur le sol d’Haïti pour le deporter sur le sol americain. l’État d’Haïti en réalité n’existe que par procuration. Mais, en vérité, dans un pays ou il y a tant de dirigeants incompetents, sans honneur et sans dignité, on trouvera quand meme dans posterite deux ou trois citoyens qui porteront l’honneur et la dignite de beaucoup d’autres. Cela est historique.

Je souligne a l’attention de mes compatriotes que le premier devoir d’un État est la sécurité de ses citoyens. Haiti, par la signature de cet accord dans une certaine mesure a renonce a son devoir de protection judiciaire et diplomatique envers ses citoyens. Ses citoyens se trouvent desormais livrés a l’arbitraire et aux injustices des nations, notamment les Etats-uunis.

Permets moi de souligner un aspect important du comportement de Preval : l’insousciance politique.

Le pourianisme caravachere dont il avait fait montre après le séisme de 2010 face a la gestion de l’aide internationale justifiait de manière scandaleuse le manque de leadership de ce dernier. Ses maladresses politiques ont amené le Parlement a voter une loi, créant une structure speciale de gestion de l’aide internationale ( CIRH), une machine infernale faisant de Bill Clinton, un ex président des États unis, l’ordonnateur des finances publiques haïtiennes, mais en réalité n’avait pas de compte a rendre a personne. Il s’agit tout simplement de l’insoucience politique au plus haut sommet de l’Etat.

Honorable, je ne devine pas ton projet de devenir le premier d’entre nous. Mais je vais te dire ce qu’on attend de nos dirigeants
Nous attendons de vous, gouvernants que vous mettiez en oeuvre de véritables politiques publiques qui peuvent protéger nos enfants du danger, des politiques de sécurité humaine qui peuvent nous mettre à l’abri de toutes les vulnérabilités dont nous pouvons être victimes tant sur le plan économiques, social, politique qu’en environnemental.

La politique de la mort mise en oeuvre par Préval pendant ses deux mandats a contribue à l’exil de nos jeunes en république dominicaine et dans beaucoup de pays de l’Amérique latine. Ils savent pourtant qu’ils n’y sont pas toujours les bienvenus, mais ils y vont quand même. Mais s’ils y vont, honorable, c’est parce que chez nous, l’économie nationale est extorquée par un petit groupe, et la porte de l’égalité des chances leur est totalement fermée. Toujours dans l’interet de ce meme petit groupe, à la fin de son mandat, le president preval avait a une reforme constitutionnelle qui cree un petit monstre quant a ses dangers d’application. Cet amendement concocte et rendu applicable enleve toute implication des masses rurales et rurales dans le choix des membres du coseil electoral permanent.

La participation du peuple au processus politique de son pays est donc aneantie. Il etait evident que Preval avait tente d’organiser un pouvoir oligarchique à travers la Constitution amendee de1987. Puis- je comprendre que c’est dans cette optique que tu etais allé rendre cette ultime visite à René Preval, en ta qualité de president de la Commission de reforme de la Constitution?. A ma connaissance, Rene preval, n’est pas le plus grand constitutionnaliste du pays.

Il y a quand meme de quoi à se poser des questions. En effet, le travail de ta commission ne devra pas preceder les debats sur les questions nationales et identitaires. Je connais ton souci pour l’implication des haitiens de l’exterieur dans le processus politique de leur pays. Mais, il est absolument necessaire dans ce contexte mondialise traverse par une crise identitaire de connaitre : qui est haitien et qui ne l’est pas ? On attend de ta commission, honorable, l’annonce de ces grands debats nationaux autour des grandes questions de l’heure. J’ai hate.

Le pays prépare les funérailles nationales opulentes de notre cher président sur la détresse de nos laisser compte engendrés par le capitalisme dans sa version néolibérale, detructrice de toutes les protections sociales et les conquetes historiques.

Mais quand même, c’est triste et navrant d’avoir a dire adieu a Rene Préval , mais surtout a un mapou. En effet, le mapou part tout nu, comme il était venu dans le monde, nu comme un ver.

Va en paix, ti Rene sur les ruines fumantes d’Haïti, mais tout n’est pas perdu. Cher Tardieu, va dire au mapou embaumé que tu as vu Sonet, et d’autres, on est pas inactif, on reunit, on s’organise, on prépare l’avenir, si on est et reste encore dans le délai du temps.

Me Sonet Saint Louis av.
Sous les bambous de nan cafe, grande source,,la Gonave, le 4 mars 2017.

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