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L’HAITI QUE NOUS VOULONS

Par Alin
Une image vaut mille mots. Dans cette photo pour célébrer le coup d’état numérique ou « digicoup », les Serviteurs de l’Idéal Nihiliste (SIN) et les faiseurs de roi sont bien en évidence. Les subalternes, les poupées gonflables et les « Volontaires de la Servitude Nihiliste » (VSN), en arrière-plan. Le peuple, toujours absent, reste le dindon de la farce. De toute façon, qu’il soit choisi, imposé ou mal-élu, le Président ne doit jamais donner l’impression d’être l’intrus dans la photo. Un nouvel épisode de la grande vadrouille rose pour reconfirmer la « soulouquerie ». Rideau !

Avec l’abandon des terres au profit du taxi-moto qui accompagne la disparition programmée des secteurs porteurs et des filières traditionnelles, Haïti se retrouve encore une fois seule face à ses rendez-vous manqués : éducation, autosuffisance alimentaire, autonomie énergétique, maîtrise de l’eau, préservation et valorisation environnementales et bien-être social. Opposée à toute idée de création et de redistribution de la richesse pour tous, la société haïtienne a mis en place une structure de défense de la précarité économique, de la marchandisation de l’homme et de la sous-traitance de soi. L’Haïtien paie aujourd’hui au prix fort la faillite d’un mauvais contrat social. La raison du plus fort plombe l’émancipation sociale de l’Haïtien et enterre définitivement tout espoir d’un avenir partagé. Sans fleurs, ni couronnes.

La disparition du politique au profit du nihilisme a provoqué des dégâts considérables. Ce gaspillage généralisé et assumé des ressources a déjà détruit les rapports sociaux équilibrés et les valeurs fondamentales. Le vote est devenu un commerce de détail. A défaut d’une action politique innovante, s’annonce une amplification de la gestion mercantile et anarchique des maigres ressources de l’état. Les options actuelles amplifieront tous les dangers. Cette voie n’offre comme issue qu’un lendemain sans trace ni passé. Haïti est devenu une bombe à retardement environnementale, économique, sociale et culturelle.

Sans nier la dimension des enjeux, il s’agit de reconnaitre que nous ne pouvons plus remettre à demain l’émergence d’une Haïti forte, solidaire, prospère et respectée. Sans démagogie, la recherche de toute solution passe d’abord par le respect de l’Autre. Une notion simple, claire et fondamentale que la société haïtienne a jusqu’à ce jour combattue. Dépouillé, le peuple haïtien, bientôt apatride, est devenu étranger à sa propre terre. Le départ volontaire est désormais la planche de salut pour échapper à la condition d’animalité.

Il est donc urgent de replacer l’économie dans un cadre éthique en réconciliant la dignité et le statut de chaque haïtien avec la notion fondamentale du citoyen. Au nom de la citoyenneté économique et de l’inclusion financière, il faut hisser le politique à son plus haut degré de responsabilité, celui d’un pouvoir d’action plus que solidaire, transformateur et apte à fonder le droit à l’avenir.

Par Alin Louis Hall

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