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Et si les élections du 20 Novembre 2016 sont avortées!

Une semaine de cela, le Conseil Electoral Provisoire a donné une échéance de dix jours au gouvernement provisoire en place de faire le nécessaire en ce qui à trait à la mise en place d’infrastructures pour accueillir les élections dans le Grand Sud. De l’avis de plus d’un, l’ultimatum était acide. L’ultimatum du CEP se révèle être un coup de maitre, car le CEP a voulu se dédouaner de toute responsabilité dans un éventuel report des élections. Après le passage de l’ouragan Mathieu, le CEP avait pour devoir d’évaluer les dégâts dans les zones affectées et de venir avec un plan pour aménager de nouveaux bureaux de vote et réparer ceux qui pouvaient être réparés avant de fixer de nouvelles dates pour les élections. Malheureusement, le CEP a fait preuve de manque de professionnalisme et a avancé une date en faisant fi de cette règle en gestion et des conseils salutaires émis par certains partis politiques. Quelques jours après avoir fixé les dates du 20 Novembre et 29 Janvier pour le premier et le deuxième tour, le CEP a réalisé qu’il avait fait un faux pas sur les deux dates. La date du 20 Novembre est censé trop proche. Les travaux de reconstruction des centres affectés pourraient ne pas avoir pris fin avant le 20 Novembre. Et, la date du 29 Janvier ne permettrait pas de respecter la date constitutionnelle du 7 Février pour la prestation de serment du nouveau président élu. En bon malin, le CEP a envoyé la balle dans le camp du gouvernement provisoire qui est sur la sellette.

Le président Jocelerme Privert a un mandat bien précis pour organiser les élections. Faute de consensus au parlement, on n’a pas pu fixer ce mandat dans le temps. Ce qui donne une certaine marge de manœuvre à Mr Privert pour naviguer comme bon lui semble et le met dans une situation inconfortable par rapport à ces opposants qui l’accusent de vouloir faire passer le temps pour bénéficier des privilèges du pouvoir. La chambre des députés est en vacances. Le Senat à lui seul ne peut prendre certaines mesures. Donc, présentement, nous sommes en face d’un dilemme. Tout report des élections laissera le président Privert dans ses petits souliers et il pourrait bien être obligé de mettre les voiles. Si le CEP tient à respecter la date du 20 Novembre, les élections peuvent bien avoir lieu, mais elles ne seront pas inclusives puisqu’une bonne partie de la population du Grand Sud serait exclue. Les questions qu’on doit se poser aujourd’hui sont : qui peut renverser Jocelerme Privert ? Pourquoi le CEP et le pouvoir en place jouent au chat et à la souris ? A qui profitent le mauvais calcul du CEP et le manque d’action du gouvernement ? A deux semaines des élections, nous ne sentons pas la fièvre électorale. Le silence du pouvoir exécutif ne met pas la population en confiance. Qu’est-ce-qui arriverait au gouvernement et au CEP si les élections du 20 Novembre sont avortées ? Définitivement, nous sommes en face d’un dilemme. Certains croient que la priorité de l’heure devrait être la prise en charge des sinistrés du Grand Sud et la reconstruction de cette région. D’autres croient qu’il faut mettre le cap sur les élections quoiqu’il arrive.

Il est bruit que si les élections du 20 Novembre sont avortées, certains membres du CEP démissionneraient, ce qui rendrait difficile la situation pour le président Jocelerme Privert. Est-ce qu’il pourra rester au pouvoir dans l’éventualité d’un démantèlement du CEP ? Est-ce que la classe politique et les forces vives de la nation vont pouvoir se surpasser pour parapher un nouvel accord pour arriver à l’organisation des élections ? Le débat est lancé. Le CEP et le gouvernement doivent pouvoir se mettre à table pour trouver un consensus. Les ministères de l’intérieur, des travaux publics et autres impliqués dans le processus doivent se mettre au pas pour favoriser la tenue des élections le 20 Novembre. Certains pays, même en situation de guerre arrivent à organiser des élections. Avec un peu de bon sens et une bonne gestion des ressources, les élections doivent pouvoir avoir lieu. Le temps n’est plus au palabre ni à la discorde. Il faut trouver des éléments de solution et vite. Je crois qu’il est matériellement possible d’organiser les élections le 20 Novembre. Mais, il faut que le CEP et le gouvernement en place trouvent un terrain d’entente pour ce faire. La posture du CEP de lancer un ultimatum à l’exécutif et de se dédouaner de tout n’arrangera pas les choses. Les réunions et consultations doivent être multipliées et l’on doit travailler jour et nuit en mobilisant les ressources disponibles. Même quand je sais que les élections ne vont rien arranger aux problèmes endémiques du pays, mais je suis d’avis qu’elles doivent être tenues. Souhaitons que les acteurs en présence puissent réaliser qu’on ne règle pas les problèmes par le moyen de l’intimidation, mais plutôt par le dialogue et la collaboration franche et sincère. Le président Jocelerme Privert doit réaliser qu’il est le capitaine du navire et que tout dépend de lui. Il est celui qui doit motiver les marins afin de mener le pays à bon port. Nous sommes pour la paix, la stabilité et l’organisation d’élections crédibles, honnêtes et inclusives dans de meilleures conditions possibles. Que le CEP et le gouvernement en place ne fassent pas faux bond !

Kerlens Tilus 11/03/2016

Snel76_2000@yahoo.com

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