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Privert :Quelle riposte face aux Crimes économiques impunis des TÈT KALÉ 2?

Le 14 mai 2011, un événement inattendu une année plutôt, fut arrivé en Haïti, Michel Joseph Martelly arriva au pouvoir, á titre de chef de l’Etat. Il a confirmé sa vision en Mai 2012, de façon structurée, dans l’énoncé de la Politique Générale du Premier Ministre Laurent Salvador Lamothe, Baptisé les « 5 E : état de Droit & démocratie, économie & Emploi, Environnement & aménagement du territoire, Energie, Éducation, développement humain et social ». L’objectif dévoilé du chef de l’Etat, consistait á mettre ce pays dans la voie du changement, ce que les politiciens traditionnels n’ont pas été capable de faire depuis plus de deux cents ans rajoute-il.

Cet article vise par des faits et des données de mesurer le changement accompli dans la dimension économique du pays au regard de la création de la richesse et de l’emploi, un des fondements de la vision du président Martelly, en vue d’évaluer sa gouvernance de la citée.

Il demeure vrai que dans la théorie comme dans les faits, l’Etat ne peut être opérationnel, sans faire des dépenses de fonctionnement et des dépenses d’investissements, et ce dans la plus complète rationalité, aux fins de favoriser la création de la richesse et de l’emploi. De fait, il est légitime que l’Etat fasse des perceptions pour financer les activités retenues. Ce qui donne lieu á une évolution des recettes et des dépenses publiques pour que l’Etat puisse assurer sa mission. Cependant, il n’en demeure pas moins que le degré de changement positif ne peut être expliqué que par le degré d’efficacité et d’efficience de l’Etat dans la gestion des finances publiques.

3-Opportunité de richesse et d’emploi abandonnée á la République dominicaine

De toute évidence, des sommes allouées á la création ou á l’amélioration des conditions infrastructurelles de toutes sortes dans le pays, pouvaient favoriser une dynamique économique remarquable dans le secteur Bâtiment et travaux Publics qui, agira á son tour, sur le reste de l’économie nationale, par un effet multiplicateur.

Mais, malheureusement, en dépit de la bonne décision qui, a été prise par le président Martelly, d’ordonner la renégociation de la grande partie des contrats qui ont été signés entre des firmes dominicaines et l’Administration de Préval-Bellerive, aucune politique coordonnée en ce sens n’a été adoptée par la suite. Par ailleurs, les marchés de matériaux de constructions ont été livrés á des firmes dominicaines, et ceci, plus fortement par rapport á l’Administration de Préval qui, elle aussi n’avait aucune vision en ce sens.

Or, le renforcement des entreprises nationales de constructions, parallèlement á une limitation des produits de construction venant de la République dominicaine, aurait pu faciliter une croissance de l’offre de blocs, de ciments, de céramiques, de peintures, de matériels électriques et hydrauliques produits en Haïti, pour répondre á la demande nationale solvable. Telle est donc une source de création de richesse et d’emploi qui a été négligée par l’Administration Martelly-Lamothe qui, pourtant, avait le temps nécessaire pour le faire.

Et paradoxalement, Haïti qui combine pauvreté, misère, chômage, désespoir et mendicité, abandonne cette source de richesse et d’emploi que représente l’industrie de la construction á la République dominicaine, depuis trop longtemps. Néanmoins, l’Etat ne favorise pas la création richesse, source de croissance de la valeur de taxe et d’impôt, et donc de la recette fiscale, et par contre, choisi de hausser ses dépenses au jour le jour.

D’ailleurs á nos jours, il faut aussi noter la multiplication des postes de consultants, de conseillers au profit de ses collaborateurs d’un poste á un autre, lorsqu’ils sont décriés, ou obligés de laisser leurs places á d’autres personnes. En effet, en Haïti, nos dirigeants vivent dans un monde que les scientifiques n’arriveront jamais á cerner, ce sont des antiscientifiques.

4-L’Administration Martelly est-elle favorable á l’agriculture en Haïti ?

En fait, en avril 2014, déjà au troisième trimestre de l‘exercice fiscal, l’ODVA (Organisme de Développement de la Vallée de l’Artibonite), qui a la mission de réaliser des« Projets d’Entretien du Grand Système d’Irrigation et de Drainage », et des « Projets d’Intervention d’Urgence » dans ladite vallée, n’a reçu aucune ressource financière du budget relatif aux fins de jouer son rôle. Ce qui confirme que l’Etat ne manifeste aucun intérêt pour l’agriculture, d’autant que le Gouvernement Lamothe a préféré d’importer 300 000 sacs de riz et les vendre sous le label de « diri 10/10 »pour pallier á la hausse des prix des produits alimentaires, au lieu d’apporter une solution réelle qui n’est d’autre que la mise en place des conditions nécessaires á la croissance des produits agricoles. Et la potentielle rizicole de la vallée l’Artibonite située autour de 40 milles hectares n’est exploitée qu’á hauteur de 28 milles hectares de terres, le président Martelly n’a pas fait mieux que son prédécesseur.

D’ailleurs, durant le mandat du président Préval, le crédit agricole octroyé par l’Etat via la Banque de Crédit Agricole (BCA), n’a pas dépassé 15 millions de gourdes l’an contre 31.15 millions en 2014.Et paradoxalement, á la mi-décembre 2015,le Président Martelly a exigé le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe d’ordonner le Ministère de l’Economie et des Finances de débloquer 45 millions de gourdes pour renforcer sa sécurité personnelle, pour moins deux mois de gouvernance. Cette somme exigée par le président Martelly, vaut trois fois plus de ressources allouées au crédit agricole par la BCA par an, sous le règne de Préval, et prés d’une fois et demie en 2014 durant le mandat du Président Martelly.[11]

En agissant ainsi, cela prouve que l’agriculture n’a aucune priorité pour le Président Martelly et ses serviteurs Ministres. Voilà, ce qui explique, que le niveau de la richesse créee dans le secteur primaire, en 2014 qui totalisait 3,330 millions de gourdes, demeure inférieure par rapport á son niveau de 3,393 millions de gourdes, en 2007.Et pour compenser cette baisse et répondre á la de demande en croissance, le pays avait déboursé 61.05 millions dollars us par mois, pour acheter les produits alimentaires en 2014, contre 44,5 millions dollars par mois en 2011, soit une croissance de 37,18%.[12]

Patrick Junior SYLVAIN, MSC.
Economiste –Expert en Développement
Professeur des Universités

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