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Privert :Quelle riposte face aux Crimes économiques impunis des TÈT KALÉ 1?

Le 14 mai 2011, un événement inattendu une année  plutôt, fut arrivé en Haïti, Michel Joseph Martelly arriva au pouvoir, á titre de chef de l’Etat. Il a confirmé sa vision en Mai 2012, de façon structurée, dans l’énoncé de la Politique Générale du Premier Ministre Laurent Salvador Lamothe, Baptisé les « 5 E : état de Droit & démocratie, économie & Emploi, Environnement & aménagement du territoire, Energie, Éducation, développement humain et social ». L’objectif dévoilé du chef de l’Etat, consistait á mettre ce pays dans la voie du changement, ce que les politiciens traditionnels n’ont pas été capable de faire depuis plus de deux cents ans rajoute-il.

Cet article vise par des faits et des données de mesurer le changement accompli dans la dimension économique du pays au regard de la création de la richesse et de l’emploi, un des fondements de la vision du président Martelly, en vue d’évaluer sa gouvernance de la citée.

Il demeure vrai que dans la théorie comme dans les faits, l’Etat  ne peut être  opérationnel, sans faire des dépenses de fonctionnement et des dépenses d’investissements, et ce dans la plus  complète rationalité, aux fins de favoriser la création de la richesse et de l’emploi. De fait, il est légitime que l’Etat fasse des perceptions pour financer les activités retenues.  Ce qui donne lieu á une évolution des recettes et des dépenses publiques pour que l’Etat puisse assurer sa mission. Cependant, il n’en demeure pas moins que le degré de changement positif ne peut être expliqué que par le degré d’efficacité et d’efficience de l’Etat dans la gestion des finances publiques.
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1-   Dépenses et recettes publiques  autour de la croissance économique sous le règne de Martelly
S’agissant des recettes et des dépenses de l’Etat sous la présidence de Martelly, elles ont ainsi évolué : de septembre 2012 á juin 2015, les recettes publiques ont évolué entre 4000 á moins de 6000 millions de gourdes contre des dépenses publiques allant de 4000 á plus de 8000 millions de gourdes.[1]Ce qui prouve que l’Etat a choisi le déficit, de façon flagrante.

Dans ce pays, la pression fiscale  a passé de 12.92% en 2011 á 13.90% en 2012 avant d’atteindre 14.27% en 2013 puis décroitre á 11.90% en 2014 pour remonter á 14% environ en 2015.Bien qu’Haïti soit le seul pays de la caraïbe où la pression fiscale était la plus faible avant 2011, il faut aussi admettre que ses activités économiques sont très faibles par rapport á ces pays de la région, notamment la République dominicaine qui avait une pression fiscale légèrement inférieur á Haïti entre 2011 á 2013.
En outre, l’Etat a choisi d’augmenter les impôts directs et indirects respectivement 27% et 13% au cours l’exercice 2015-16 par rapport l’exercice 2014-15.Et relativement á la taxe sur la production locale, une augmentation de 3% contre 11% pour les produits importés a été faite, et ce, sans une politique de production nationale.

De ce fait, cette augmentation de la pression fiscale, a entraîné la hausse des prix, et plonge  le pays dans une  inflation en croissance durable qui, franchissait déjà 11,7 au mois d’octobre 2015 contre 5,3 en septembre 2014.Et, il faut noter que le poste Alimentation, Boisons et tabac a contribué á la croissance annuelle de prix de 58,6% au mois d’octobre 2015 devant les postes Loyer, Energie, Eau, et Habillement, Tissus, Chaussures qui viennent en deuxième et troisième position avec des contributions respectives á l’inflation de 10,5 et  9,4.Ajoutons que suivant les prévisions de la BRH, les consommateurs et consommatrices en Haïti doivent s’attendre á une inflation de 12,4, et de 12,8 respectivement aux mois de décembre 2015 et janvier 2016, si les variables sont maintenues constantes[2].
En clair, la baisse du niveau de vie des fils et filles d’Haïti s’en suivra, dans un pays, où la population se retrouve déjà dans la crasse et  la misère, de la misère de quelle couleur, je ne sais pas.Faudrait-il bien la demander á la professeure BAINA BELLO, dans « Café Philo », dans un débat philosophique présenté sur la Télé Caraïbe ? En tout cas, la professeure BAINA BELLo dira de toute façon, qu’elle n’est pas noire, elle est atroce peut être.

De 2007 á 2010, en quatre ans, les dépenses d’investissements de l’Etat sous l’administration de Préval totalisaient 25,027.08 millions de gourdes. Par contre, de 2012 à 2014, en trois ans, ces dépenses s’élevaient á 33,141.00millions de gourdes sous l’Administration de Martelly.[3]Par contre, en clair, en trois ans, les dépenses d’investissements sous l’Administration de Martelly dépassent de loin celles allouées par le président Préval, d’une valeur moyenne annuelle de 4,790.23 millions de gourdes.

Cependant, l’effet sur l’économie haïtienne demeure mitigé, les dépenses d’investissements de l’Etat sous le règne de Martelly témoignent une très faible efficacité, car  la croissance économique passe de 5,2% en 2010-11 á 2,9% au cours de 2011-12,et á  4,2%,2,8% et 1,8% au cours des exercices fiscaux de 2012-13,  2013-14 et 2014-15.De ce constat ,il n’ y a plus de doute, il y a une réduction  remarquable de la vitesse de l’économie depuis l’arrivée du président Martelly au pouvoir. Et en conséquence, la population vit comme si l’économie est quasiment fermée, l’argent se fait rare, et même ceux les plus humanistes de la société se trouvent dans des difficultés extrêmes et complexes de pouvoir trouver un minimum de ressources  á partager avec l’autre. Ce qui confirme qu’Il n’y a pas de relation entre des sommes colossales dépensées par l’Administration Martelly et la performance de l’économie haïtienne, et le niveau de vie. Une enquête sérieuse s’avère nécessaire pour déterminer  le degré de la justesse de ces dépenses.

2- Déficit budgétaire : la BRH vers le sauvetage de la valeur de la gourde, entrave la création de richesse et d’emploi et favorise les inégalités.

Dans ce cas, de la volonté démesurée de ladite Administration, de creuser le déficit budgétaire, en variation annuelle, les recettes totales de l’Etat au cours du trimestre avril-juin de l’exercice 2014-2015, ont reculé de 16% alors que l’Administration Martelly a fait grimper les dépenses de 42 %.[4]C’est ainsi que le déficit budgétaire trimestriel s’accentue, et parallèlement, l’Etat haïtien a choisi de faire marcher la planche à billet : le financement monétaire qui était de 3,9 milliards de gourdes au trimestre janvier-mars a passé á 8,9 milliards au 24 juin 2015.[5]

Cette situation non contrôlée de financement monétaire, a entraîné la dépréciation de la gourde, de 43 á 56 gourdes pour un dollar des Etats-Unis d’Amérique, en juin 2015. Voilà comment la BRH a été obligée d’intervenir sur le marché des changes d’Avril-juin, en vendant 62,8 millions dollars us. Et de fait, entrainant une baisse de réserves internationales qui passaient de 921,7 millions au trimestre avril-juin á 858,9 millions de dollars us, en date du 17 juin 2015.

Pourtant, en septembre 2012, après plus d’une année de la prise de fonction du président Martelly, les réserves nettes des changes totalisaient 1, 300 milliards de dollars[6] contre 858,9 millions de dollars us le 17 juin 2015[7], valant une baise de 441,1 millions de dollars us, et ce, en dépit de l’augmentation des transferts privés de 9,75% pour atteindre 1,071 milliards de dollars us[8].

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Appuie sur la vente des Bons BRH, et l’intervention sur le marché de change, l’ancien gouverneur de la BRH a tenté d’assurer la population par cette phrase, trop facile á dire : « Nous devons éteindre l’incendie, mais pas tuer l’occupant de la maison »[9].Et cette déclaration a été transformée en action par la BRH en retirant une quantité de gourdes en circulation par l’augmentation des taux sur les bons en juillet 2015 :

-le taux sur les Bons à 7 jours passe á 10% contre 3% en septembre 2014,

-le taux sur les Bons à 28 jours passe á 12% contre 4% en septembre 2014,

-le taux sur les Bons à 91 jours passe á 16 % contre 5% en septembre 2014[10].

Cette politique restrictive a entraîné automatiquement la baisse du rythme du crédit bancaire et de l’investissement dans l’économie haïtienne, dans un pays, où 200 000 jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année, et ce, avec un faible espoir de trouver un emploi, là où, un taux de chômage ouvert d’environ 70% règne déjà depuis l’avant Martelly, qui voulait changer le dogme. L’Etat haïtien, en agissant ainsi, a entraîné une perte de confiance en la gourde haïtienne comme monnaie de réserve. Et a favorisé une plus forte demande du dollar qui, de fait a renforcé la valeur de la devise américaine dans le pays, par la croissance du taux de change. Conséquemment, l’inflation poursuivra sa tendance á la hausse comme l’avons-nous présenté plus haut.

A dire vrai, ce sont les banques qui gagnent dans l’application de cette politique restrictive par l’accumulation des intérêts sur les bons, sans risques, car le remboursement des prêts de l’Etat est assuré. Cette politique de croissance des taux d’intérêts a permis á l’Etat d’accaparer une partie des ressources des banques sous forme de crédit, au détriment du montant de crédit qui est octroyé au secteur privé, traduisant ainsi l’effet d’éviction. En effet, il faut cesser de constater en Haïti qu’il y a « un système bancaire en bonne santé dans une économie malade », aux dires de l’ancien Gouverneur de la BRH Charles Castel .Car, une telle politique renforcera la pauvreté dans le pays, par le fait qu’elle agit directement sur le niveau de crédit, l’investissement, et donc le niveau de l’offre de l’emploi.

A dire vrai, l’ancien Gouverneur de la banque centrale n’est pas responsable de la crise, mais l’avait cautionné comme spécialiste de grand calibre ; mais comme de fait, il ne pouvait opposer au président de la République via le ministre des finances Wilson LaLeau. Ce dernier ,un économiste qui devient aveugle depuis son entrée dans l’Administration Martelly, un professeur d’économie qui a perdu tout le bon sens des théories, qui oublie que les économistes peuvent faire parler les chiffres, et qui est devenu incapable d’analyser, et en écoutant ses dires sur le plan économique, même les profanes peuvent lui donner des leçons économiques, hélas, quelle honte pour cet économiste ! « lajan fè chen dansé ».Helas ! Il n’y a que l’économiste Wilson Laleau qui constate que le bilan de Martelly est bon, et ce, á tort.

En effet, en Haïti, pour certains cadres, le mot démission n’existe pas, donc n’en parlons pas! Mais, l’ancien gouverneur est conscient de la cause de la dépréciation de la gourde par rapport au dollar des Etats Unis d’ Amérique : L’Etat a trop dépensé, de façon irrationnelle et sans transparence et des institutions de contrôle, dans la plus complète perception de la corruption. Des frais de publicités, et de festivités á l’occasion des 14 mai, pour faire des propagandes pour son administration sont restés inconnus de tous. Tout ce qu’on sait, c’est que des sommes colossales ont été dépensées par Martelly, et ce, sans effet positif sur le bien être collectif.

Patrick Junior SYLVAIN, MSC.
Economiste –Expert en Développement
Professeur des Universités
source:http://atelier.rfi.fr/

[1] .Ministère Economie et des Finances

[2] Banque de la République d’Haïti, Note mensuelle d’inflation Octobre 2015, page2-3-5.

[3] Source : Direction contrôle de crédit –BRH

[4] Banque de la République D’Haïti, Notes sur la politique monétaire, juin 2015, page 9

[5] Opcit p9

[6] Opcit p7

[7] Opcit p8

[8] Opcit p8

[9]Lenouvelliste.com, il y a des dollars et une banque centrale attentive, calme Castel, 17 juillet 2015,# 147478,

[10] Charles Castel, propos du Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti Carles Castel, les derniers développements sur les marché des changes, causes et mesures prises par la BRH, 17 juillet 2015,page

[11] Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), RAPPORT BILAN ANNUEL 2013 – 2014.

[12] (Sources: Service Economie Internationale \ Direction Affaires Internationales \ BRH AGD, OCDE, Département du Commerce des Etats-Unis d’Amérique)

[13] (Banque de la République D’Haïti , Notes sur la politique monétaire ,juin 2015,page 6.)

[14] (Banque de la République D’Haïti, Notes sur la politique monétaire, juin 2015, page 7.

[15] Charles Castel, propos du Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti Carles Castel, les derniers développements sur les marche des changes, causes et mesures prises par la BRH, 17 juillet 2015,page 4)

[16] A noter que les transferts courants désignent les transferts de la diaspora et les dons officiels reçus par l’Etat haïtien

[17] Charles Castel, propos du Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti Carles Castel, les derniers développements sur les marche des changes, causes et mesures prises par la BRH,17 juillet 2015,page 7)

[18] www.mefg.gou.ht, Tableau de suivi du secteur électricité, suivi des transferts au secteur électricité octobre 2014 à juillet 2015.

[19] www.mefg.gou.ht,ETOFE14-15Aout-15.xls

[20] . Ministère de l’Economie et des Finances, le Budget Rectificatif 2014-2015, « Suivi des Pactes pour l’Emploi et la Croissance Exclusive », page30.

[21] Source : Service de la dette externe, Direction des Affaires Internationales, BRH, données provisoires.

[22] Lenouvelliste.com, des chiffres encourageants pour le tourisme haïtien, #139418

[23] http://www.hpnhaiti.com, # 15394: Haïti tourisme 10000 chambres hôtels en-haiti-dici-debut-de-2016 annonce la-ministre-du tourisme

[24] Sourcehttp://quebec.huffingtonpost.ca/2013/01/09/haiti du tourisme pour-relancer-économie n_2435074.html

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