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Haïti, vendue ou dépossédée ? Le cas de La Gonâve.

Haïti, vendue ou dépossédée ? Le cas de La Gonâve.  

L’on sait déjà très bien qu’on ne fait jamais rien pour rien. L’Américain dit toujours “there’s no free lunch (il n’y a pas de plats gratuits).” L’intelligence haïtienne ferait bien de comprendre que le pays nous échappe de la manière la plus enfantine si ce n’est stupide qui soit. Ces cinq dernières années, le gouvernement haïtien a octroyé plus de contrats d’exploitation minière que tous les autres qui l’ont précédé. Même le frère de l’ancienne secrétaire d’état américain et actuelle candidate aux présidentielles a profité des largesses de l’équipe têt kalé.

La récente découverte de pétrole dans les rades du pays de l’ordre plus impressionnant que Venezuela a augmenté les enchères parmi les forces déterminées à s’octroyer les richesses d’Haïti. Les firmes étrangères et les groupes d’influence se préparent à se partager le butin national. Ce n’est point une question que le pays ne bénéficiera de rien, c’est plutôt quel group en profitera le plus et qui, en Haïti, est plus enclin de donner le plus. En ce sens, la bande en rose semble avoir été plus qu’à la hauteur des espoirs placés en elle par l’étranger. Comme Martelly l’a promis, il a signé avec son engin des contrats octroyant les réserves du pays aux forces étrangères qui l’ont soutenu durant cette période, combien noire.

L’affaire de La Gonâve fut le dernier cadeau de Martelly à ceux qui ont orchestré, fomenté, supporté, excusé, et imposé son régime sur le pays pendant cinq ans. Ce régime rétrograde et apatride s’est permis, dans les dernières heures de son histoire, de publier dans le journal officiel du pays, que l’île de La Gonâve qui appartient au pays avec des habitants qui se réclament du pays, peut être contrôlé par des gens qui n’ont point les intérêts du pays à cœur. Un tel accord, s’il pouvait être signé, devrait avoir l’approbation d’un parlement légitime issu d’élections crédibles et démocratiques. Martelly doit avoir pris le pays comme son bien personnel car il a conduit les affaires publiques comme il a conduit son groupe musical, se permettant les déboires et les désinvoltures les plus choquantes.

Il est un fait historique important pour le pays d’apprécier. Toutes les constitutions haïtiennes, depuis Toussaint en 1801, ont insisté sur la limitation de l’acquisition de la nationalité haïtienne ainsi que sur l’achat ou l’octroi de biens immobiliers et de terrains en Haïti par les non nationaux. Une chose est aussi certaine : nous avons besoin d’investissements étrangers, mais le pays doit demeurer haïtien. Il ne faut jamais oublier que fondateurs de la nation ont juré de ne plus voir le blanc revenir au pays en tant que maître ou propriétaire. Voilà que des conzés du plus haut rang se sont alignés avec les ennemis de la nation pour faire un don des ressources nationales aux multinationales. Soif de pouvoir, cupidité, mégalomanie, orgueil humain et le mépris des valeurs nationales ont porté le danseur des boîtes de nuit à publier dans le Moniteur ce qu’il a fait arbitrairement.

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Pour ce qui est du contrat de La Gonâve, la mobilisation qui a barré la route à “neg bannann nan” doit continuer en vue de forcer Privert à faire volte-face dans la façon dont il conduit les affaires du pays. Il ne faut jamais se douter de la force de persuasion de ceux qui tirent les ficelles et qui veulent continuer à manœuvrer derrière la scène. C’est un gouvernement de transition qui détient le pouvoir de changer la marche de l’histoire. La Gonâve est seulement un point de départ qui nous permettra de voir l’orientation politique, historique et sociale de Privert.

Haïti n’est pas vendu, elle est donnée comme rançon par les politiciens aux étrangers. Si nos réserves de pétrole sont assez importantes pour nous permettre d’exporter, pourquoi ne pas en profiter ? D’ailleurs, tout le monde sait qu’il ne s’agit pas seulement de pétrole, mais aussi d’importantes mines d’or et d’autres métaux précieux. Malheureusement, il faut des hommes d’état pour des actions pareilles. Martelly n’en a pas été un. Quitte à voir si Privert s’en révélera un. La Gonâve est le premier test. Espérons qu’il le passera.

Note: http://www.scribd.com/doc/299367723/Haiti-Decret-creant-le-Centre-financier-International-de-l-ile-de-la-Gonave

Hole Mugambe

Asst :Rédacteur En Chef

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