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La farce du 24 Janvier ou la pérennité de la corruption.

Même les analystes les plus avisés n’ont pas prédit la rage et la soif de pouvoir et d’enrichissement de Sweet Mickey quand il est arrivé au pouvoir avec l’aide de l’international en 2011. Il était alors rapporté que Martelly avait déclaré son Allegiance à ses patrons d’une manière caracteristique. La seule chose importante est pour lui de devenir président. Aucun vassal avant lui n’a été aussi loyal aux intérêts de ses suzerains. Il a tenu parole et maintenant, c’est le tour de l’international d’être loyal à son fantoche.

Sofia Martelly née aux USA a longtemps été une ouaille à l’ambassade et, en tant que telle, elle connaissait bien les manières de faire et comment son mari pouvait devenir un bon poulain. Celui-ci a longtemps fréquenté les avenues et les coulisses des ambassades jouant au plaisir des convives. Même les diplomates ne voulaient pas croire qu’une créature de si bas niveau qui performait pour leur plaisir et qui n’était pas versé dans les affaires sérieuses pouvait être toléré par l’élite intellectuelle et financière du pays. Ils étaient plutôt et à juste titre réticents, connaissant le passé, la capacité, et la réputation de l’individu en question. Ils lui ont donné audience, mais ils se doutaient pouvoir imposer pareil coup au peuple haïtien. Il s’est proposé de signer avec son “engin” s’il le faut. Alors toutes leur doute ont dissipé. Rassurés, ils l’étaient. Étonnés, ils l’étaient aussi de voir que tout s’est passé comme une lettre à la poste. Le pays a accueilli “Ti Simone” comme si c’était une personne comme les autres.

Alors, avec le succès de ce pari, il n’est même pas audacieux de vouloir augmenter l’enjeu. Le raisonnement est simple : quelque soit la personne qu’ils mettent au pouvoir, c’est une amélioration par rapport à Mickey. D’où l’avènement de “neg banann nan.” Ils se sont dit que peut être le pays ne mérite et ne demande pas mieux que ces hommes sans lecture ni écriture. Ils ont fait en sorte que le parlement et l’exécutif soient composés uniquement d’hommes à réputation douteuse, de fuyards de justice, et qui voient l’intelligence comme un délit. Ils se sont octroyés des hommes bas et plats et le coup est sur le point de réussir contre même leurs espérances.

Il faut dire qu’à un certain moment, tout a failli mal tourné. La classe politique a voulu se défaire de celui qui les a humiliés pendant longtemps en faisant clairement apparaitre leur incompétence. C’est alors qu’on a fait appel à un vieux briscard, un individu blanchi sous le harnais de l’échiquier politique haïtien, magouilleur comme lui seul, fort de plus de 40 ans d’expérience dans le fricotage, un caméléon, un renard de premier rang. Ils se sont voués à quelqu’un qui est entré sur la scène avec un quart de plumes et qui, maintenant, n’en reste aucune afin de stabiliser la situation en réalisant des élections acceptables. Le problème est qu’ils ont minimisé ce que les gens avisés savaient déjà, l’individu est un vagabond sans précèdent. En effet, Evans Paul est connu de tous et de lui même comme un tapageur de renom, un agitateur invétéré, un fraudeur connu et reconnu et c’est lui qui montrera comment mieux comploter contre le pays comme ses patrons l’ont voulu.

Dans une conjoncture pareille, les élections de 2015 ont eu lieu (si l’on doit appeler ainsi ce qui s’est passé dans le pays le 9 Aout et le 25 Octobre 2015). L’histoire retiendra qu’une bande de scélérats, un groupe de rats, ingrats et plats ont concocté une farce, une mascarade, une perfidie sans précèdent contre le peuple et le pays. L’histoire retiendra que six ans après la catastrophe du 12 Janvier, alors que les victimes sont encore dans les rues, sous des tentes en carton, K-plim et Ti Simone ont orchestré une bouffonnerie, une pièce en Haïti. Il faut dire que celui-là est un acteur de profession (quoique mauvais) et celui-ci un danseur professionnel de carnaval, un dévergondé. Ce mélange de théâtre et de boites de nuit paraissait nocif dès le départ. N’est ce pas l’un qui a choisi l’autre ? Ce sont des oiseaux de même plumage. K-plim n’a jamais opposé aucun régime dans la réalité car il défend toujours ses intérêts mesquins dans les coulisses. Il parle d’élections “chanpwèl” “pike kole” mais ce qu’il vient de réaliser avec Mickey. C’est pourquoi il a réussi à survivre sur la scène pendant 40 ans. Il a ainsi magouillé sa voie vers la primature.

Le grand perdant, bien sûr, demeure le peuple et le pays. Le grand blessé n’est autre que les laissés pour compte, les déshérités du sort, les malheureux dont les pères ne sont nulle part. L’on sait déjà que ni l’international ni les scélérats au pouvoir ne sont pas intéressés aux intérêts des plus vulnérables. La farce prévue pour le 24 Janvier prochain ne vise aucun autre objectif sinon de continuer le pillage national, la dilapidation des biens et ressources du pays, et l’escroquerie contre le peuple. Une chose est certaine, il ne faut point les qualifier d’élections. Il faut appeler une chose par son nom. C’est tout simplement une farce en vue de pérenniser la corruption. Personne n’est dupe, l’histoire et la vie non plus. Un jour ou l’autre, il faudra rendre compte.

Henry Beaucejour/Evens Robert Derice
@hbeaucejour

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