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Haiti:Pourquoi des propositions de sortie de « crise » ?

Au lendemain du 25 Octobre 2015, le peuple Haïtien s’est réveillé sous le choc, après voir appris que cette journée n’a pas été ce qu’elle semblait être. Force est de constater que tout le monde réagit face à cette situation qui crée des controverses et qui devient une crise électorale. Aujourd’hui, des propositions viennent de toutes parts. La mise en place de divers groupes, tels que le G8, le G 30, et probablement un G13 en herbe complique la tache des décideurs. Les formules de sortie de crise brandies par de nombreux acteurs se suivent et ne se ressemblent. Pourquoi des propositions de sortie de « crise » ?

J’ai aussi une proposition qui est un cri de cœur d’inspiration divine. Je lance un appel à la presse haïtienne, précisément la presse parlée dont je suis une alliée. Je m’adresse à certaines personnes qui prodiguent conseils au gouvernement et les candidats via les media, une pratique qui parait dangereuse. D’ailleurs, elle va à l’encontre des normes de la déontologie journalistique. Un analyste politique n’est pas un expert politique ni un politicien. Il y a tout un monde de différence entre un observateur politique et un politique.

Alumnus de l’UEH, précisément de la Faculté des Sciences Humaines, j’ai des amis et de collègues qui font partie des media. Je ne partage pas toujours leurs opinions, leurs réflexions qui me paraissent souvent partisanes. Dans certains cas, ils ne prennent pas en compte la réalité qu’on vit aujourd’hui. Je prends plaisir à écouter Marvel Dandin, Valery Numa, Gary Pierre Paul Charles, Jean Monard Metellus et autres. Je pense qu’il est temps que certains directeurs d’opinion changent le format de leurs émissions pour les rendre plus instructives. Le peuple a soif d’instruction pour comprendre comment remplir leur devoir de citoyen. Il serait plus intéressant qu’on éclaire sa lanterne pour qu’il sache pourquoi et comment voter sans recevoir de l’argent en contrepartie. À partir de l’instruction civique reçue, le peuple saura quel candidat mérite son vote. La presse parlée doit assumer ses responsabilités qui consistent à aider le peuple dans de telles démarches. Mon ami, Valéry Numa, a fait appel à l’élite intellectuelle d’Haïti et lui a demandé de faire des propositions de sortie de crise. Valéry n’a t-il pas dit « cessez de critiquer et proposez quelque chose »?

A y penser, il n’a pas tout à fait tort. Il n’a fait que remplir son devoir de citoyen en exhortant l’élite intellectuelle à proposer une solution de sortie de crise. À mon avis, cette situation est une simple plaisanterie. Vraiment, l’on se demande pourquoi faire des propositions et à qui doivent elles être adressées? Cette crise dont nous parlons n’est pas une invention. On pouvait à priori voir venir cette situation de crise, mais rien n’a été fait pour éviter qu’elle se concrétise. On le savait avant les élections du 25 Octobre 2015. Et on ne pouvait s’attendre à mieux après les joutes électorales. On fait des déclarations à tribord et à bâbord autour de cette situation. En un certain sens, on a créé le monstre. Nous en sommes responsables. Depuis quand prenait-on les propositions au sérieux ? Comme citoyenne avisée et intellectuelle je me suis dit: pourquoi suis-je obligée de faire une proposition de sortie de crise. Je suis très optimiste que les choses vont changer, considérant le fait que nous ayons atteint le plus bas pallier et la seule possibilité demeure le rebondissement vers le haut, ce qu’un dicton anglais formule ainsi « we have already hit the bottom to its core and we can only go up”. En tant que peuple, nous n’avons nullement l’intention de reconstruire un pays, voire la convergence des forces comme la devise haïtienne nous le commande: L’Union fait la force. Allons-nous vraiment poser les vrais problèmes du pays de manière rationnelle, honnête et précise? Les problèmes auxquels nous faisons face ne sont pas fictifs. À tout problème , une solution. Considérant toutes les entrefaites et d’après mes observations encore de la situation, on n’a nullement l’intention de résoudre ces problèmes bien que leur source soit connue.

J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour M. Clarens Renois et M. Gérard Daniel Rouzier, deux jeunes qui sont sur la scène politique et qui essaient de rompre avec nos veilles pratiques politiques. Comme tant d’autres, ils sont animés du désir d’aider. Ils ont eu le courage de faire des propositions valables. Si on fait fi de leurs propositions, ce sera l’éclosion d’un jour nettement différent. Pourquoi encourager davantage le déclin de nos institutions ? Pourquoi viole-t-on les lois établies? Beaucoup parlent de compromis, c’est une bonne idée. Mais pourquoi des crises en cascade, d’interminables propositions et compromis? Je m’y oppose et dis catégoriquement NON. Il est temps que cessent la démagogie, le bavardage, les compromissions et les propositions inutiles. Si une révolution pacifique peut garantir une solution viable et fiable, il faut la considérer et la valoriser. Ce cirque a trop duré. Nous n’avons rien à envier aux autres peuples. Nous continuons à commettre les mêmes erreurs, en négligeant les normes démocratiques internationales établies. Quand je serai certaine que toutes les propositions qui ont été faites sont prises en considération, je ferai valoir les miennes pour une sortie de crise durable…

Soeurette Michel, Esq. MScs in Criminal Justice LLM in Intercultural Human Rights

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