Thursday , September 21 2017
Home / Education / Qui est le Docteur Honoris Causa Elie Saturné Henry, Sr, le récipiendaire de l’UNAH et du Séminaire Théologique Inter Américain?

Qui est le Docteur Honoris Causa Elie Saturné Henry, Sr, le récipiendaire de l’UNAH et du Séminaire Théologique Inter Américain?

Esquisse biographique du Pasteur Elie Saturné Henry

Par Me. Jean Josué PIERRE, Pasteur Recteur de l’UNAH:
Email : jjpierre28@hotmail.com

La naissance d’une tradition.

La graduation à l’Université Adventiste d’Haïti (UNAH) est non seulement le moment de recueillir les lauriers académiques durement gagnés mais encore l’occasion d’adoption d’un modèle de réussite académique et professionnelle susceptible d’inspiration pour la vie. Depuis quelques années, les classes sortantes à l’UNAH ont pris l’habitude d’attacher le nom d’un illustre disparu à leur promotion, comme pour l‘immortaliser et s’inspirer de son exemple dans sa vie professionnelle. Elles ont innové cette année : au lieu d’un modèle figé dans le temps et l’espace, elles ont choisi une véritable légende vivante. Leur choix s’est porté sur une figure de proue de l’Eglise Adventiste en Haïti, connue pour sa contribution à la formation de nombreuses générations d’élèves, d’étudiants et de pasteurs. Le nom de l’heureux élu s’inscrit également dans le développement de nombreuses institutions adventistes en Haïti dont l’Université Adventiste d’Haïti. Leur choix s’est porté sur le pasteur, professeur, administrateur et chercheur Elie Saturne Henry.

Limites et perspectives.

Il me faut dire que, pour mettre au point cette présentation, j’ai été confronté à deux difficultés, peut-être, dû à la brièveté du temps de l’entretien. La première : les repères historiques. Le Pasteur Henry est, généralement doué d’une mémoire excellente qui fait revivre les éléments du passé avec une certaine aisance. La seconde : les limites de la biographie. Après plus d’une heure de travail, je me suis rendu compte, en effet, qu’on n’en était encore qu’a la surface. Il restait à approfondir tant d’aspects de sa vie, tant d’événements à approfondir qu’il faut, pour éviter les pièges d’un survol panoramique, il est souhaitable qu’un temps infiniment plus long, soit accorde a l’ouvrage. Je tends ainsi la perche aux mordus de l’histoire de l’église adventiste en Haïti, aux étudiants finissants de notre faculté de théologie ou aux passionnés des histoires de vie.

Il est plus facile d’exalter un être parti pour toujours. Son histoire s’est arrêtée. Les amateurs de biographie en ont déjà identifié les caractéristiques, effectué le bilan de vie. L’image ainsi extrait, prend, elle aussi, de la raideur. La consécration d’une figure vivante est plus difficile mais exaltante. L’hommage posthume ne sert qu’à la consolation des parents. L’admiration témoignée aux vivants s’est adressé a la bonne personne. Elle entraine, également, pour la promotion adoptante, en raison même de la présence du modèle, un honneur et une responsabilité.
Brefs éléments biographiques

Elie Saturné Henry, 89 ans, a offert à la jeunesse haïtienne plus d’une soixantaine années de formation académique, intellectuelle et spirituelle. Il sera, selon le jargon de l’Eglise Adventiste, en service actif, pendant près de quarante années.

Le Pasteur Elie S. Henry est ne le 1er janvier 1926, a la Petite-Rivière de l’Artibonite des œuvres légitimes de son père Henry Saturne et sa mère Marietta Azor. Il réalise d’excellentes études primaires jusqu’à la 4e secondaire au College Vertières, puis fréquente le College Simon Bolivar jusqu’au baccalauréat. En 1945, il termine ses études secondaires au Lycée Alexandre Pétion. Il fait alors des études de droit, de 1945 à 1948.

Sa carrière professionnelle s’ouvre dans l’enseignement. Il sera successivement professeur suppléant au lycée Toussaint Louverture, transmettra, comme on dit en sciences de l’éducation, son savoir, son savoir-faire et son savoir-être aux nombreuses générations qui auront le bonheur de s’instruire aux pieds d’un maitre compétent et discipline. Il enseignera les mathématiques, la physique et la chimie au lycée Sténo Vincent de la ville de Saint-Marc. Il sera, ensuite, appelé au College du Séminaire Adventiste de Diquini pour y poursuivre l’enseignement des sciences mais ajoute a son champ de compétence, l’enseignement l’histoire de la dénomination. Il aura comme premier étudiant le Pasteur Saint-Louis Pierre et le Dr Simon M. Honore. Sa compétence, sa rigueur et sa discipline font porter sur lui le choix de l’administration de l’école pour assumer le rôle de Censeur des Etudes à ce même collège.
Au collège Vertières, il sera investi chef-guide. Il fera ainsi partie de la première promotion de chef –guide investi du pays. Commencera, ensuite, une carrière pastorale qui le conduit, d’abord, a la Mission du Nord. Il sera fait chef de district du Cap-Haitien, lequel s’étend non seulement à la ville du Cap mais aux villes avoisinantes comme l’Acul du Nord et a Limonade. Il travaillera ensuite comme Directeur du Département de Jeunesse et de l’Education au niveau de la Mission des Adventistes du Septième Jour du Nord d’Haïti (MANH).

La Mission des Adventistes du Septième Jour du Sud d’Haïti (MASH), lequel s’étendait alors, a l’Ouest, au grand Sud, a la Grand ‘Anse, le ravit alors a la MANH pour faire de lui le Pasteur du district de Pétion-Ville. Il n’y a pas d’église du bassin de Port-au-Prince d’alors qu’il n’ait dirige : le temple I, l’auditorium, Eben-Ezer, Péniel ou je l’ai rencontre. Il aura une influence sur mes affectations professionnelles et deviendra pour moi comme un père, un conseiller que j’aime encore consulter.

A la MASH, il sera appelé a diriger le département de Jeunesse et d’éducation, occupera successivement les postes de Secrétaire Exécutif de cette branche régionale de l’Eglise Adventiste en Haïti, Président de la MANH, Directeur de Jeunesse et d’Education a l’Union de Mission des Adventistes du Septième Jour d’Haïti (UMASH) pour, enfin, devenir professeur a la Faculté de Théologie de l’UNAH. Il gardera sa chaire d’enseignement même après sa retraite, dispensant gratuitement ses cours, et encadrant les « mémorants ». Il faudra, pour forcer ce guerrier au repos, que le temps érode sa mobilité, le convainque de la vérité consignée dans l’Ecclésiaste. Il a du, malgré lui et malgré nous, abandonner ses cours.

Quelques commentaires

En réfléchissant bien à son parcours, je découvre qu’il jouit, à la naissance d’un double symbolisme : celui du lieu et de la date. Le lieu de sa naissance, Petite-Rivière de l’Artibonite, traversée par le fleuve du même nom qui déverse ce précieux liquide sur les plaines de l’Artibonite. Tout homme, dit René Dépestre, est une rivière. L’eau généreusement reçue doit être aussi généreusement partagée. Son eau doit arroser et fertiliser d’autres hommes. C’est ce qu’il fera pendant sa vie d’enseignement et de ministère pastoral. Je n’ai pas eu le bonheur de suivre ses cours mais je peux vous assurer que ses sermons sont profondément spirituels, académiques et savamment tournés.

Toute sa vie se jouera autour de la transmission de connaissance, de la formation des âmes pour l’éternité. Il arrosera, par son ministère fertile, tous ceux qui bénéficieront de sa passion du service. Nul ne peut, cependant, donner ce qu’il n’a pas. A son âge, il ne se contente point de relire, il lit. C’est qu’il est habité par la passion de la connaissance, de la recherche. L’image qui le caractérise est celle d’un philosophe-pasteur/enseignant ou d’un pasteur/enseignant-philosophe, jamais au repos, assis confortablement au milieu de ses livres.

Mon second commentaire est que sa naissance un premier janvier, le jour de la fondation de l’état d’Haïti et de la célébration de l’indépendance, fait de lui un veritable fondateur de race. Il met a la disposition du pays et de l’Organisation Adventiste et de l’Amérique du Nord des intellectuels de haut calibre, au timon des affaires de l’église comme de l’état, ayant le souci de servir la Dieu, le prochain et la communauté.
Le fait le plus marquant de sa mission auprès de sa famille est sa dotation d’une éducation universitaire dans les pays les plus avances de l’Europe, de l’Amérique du Sud et de l’orient a ses enfants. Comment fait-on pour aller vers ces cimes quand on est missionnaire et dote d’un petit salaire modeste ? Une seule réponse suffit : une vision et beaucoup de sacrifices soutenus par la confiance en Dieu.

Au service de l’UNAH, alors Institut Adventiste Franco-Haitien, on constatera un jour que les dortoirs sont vides. Il conçoit alors l’idée d’une campagne de promotion à Port-au-Prince et dans le territoire de la MANH. Les résultats sont spectaculaires : plus d’une centaine de nouveaux internes s’inscrivent pour l’année suivante. Son action a donc contribué à la relance du collège du séminaire Adventiste de Diquini.

Il a accompagné l’institution dans ses pérégrinations. Quand l’école était à l’angle des rues Lamarre et Lalue, j’étais là, dit-il. Il laisse sa marque sur le logo de l’institution.

En guise de conclusion

Il porte dans le cœur une triple passion : un attachement viscéral à l’UNAH, l’amour des âmes, la passion de l’enseignement, en général, de la Parole de Dieu, en particulier. C’est donc, avec raison que l’on dit qu’une grande œuvre est toujours le fruit d’une grande passion. Promotion de l’année 2015, a vous l’honneur et la responsabilité de vous élever à la dimension de votre modèle !

Me. Jean Josué PIERRE, Pasteur et Recteur de l’UNAH:
Email : jjpierre28@hotmail.com

About Editor

Check Also

Irma met à nu les faiblesses de notre première ligne de protection

A Malfeti, 2e section communale de Fort-Liberté où vivent 6 000 habitants, quelque 350 maisons …